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Interview JPLT
Garantir l’exploitabilité des solutions open source : le rôle clé du support Interview de Jean-Pierre Le Treut - Directeur de la Stratégie - Bull Services Infogérés. D’après les enquêtes, la première préoccupation sur l’open source, c’est le support : pourquoi ? C’est naturel. Pendant longtemps, l’open source a été une affaire de spécialistes, qui étaient prêts à passer le temps nécessaire pour intégrer, valider et supporter des logiciels communautaires dans leurs infrastructures. L’avantage : une grande flexibilité et des coûts réduits. La rançon : un certain niveau de complexité. Du coup, les avantages comme les inconvénients de l’open source originel le destinaient à des experts techniques. Ce modèle a fait ses preuves. Aujourd’hui, la formidable progression de l’open source permet d’élargir cette cible à la majorité des utilisateurs (‘le mainstream’). Les préoccupations de cette nouvelle catégorie d’utilisateur sont différentes. Ils sont intéressés par l’extraordinaire richesse fonctionnelle, la flexibilité et la source d’économie offerte par l’open source au sein de leur environnement industriel de production. L'efficacité, la fiabilité priment et ces utilisateurs n’ont pas envie de plonger les mains dans le code, dans les subtilités des FAQ de configuration, ou de hanter les mailing lists de support communautaire en cas de problème. Ils veulent juste pouvoir utiliser le logiciel, simplement. Et souvent dans un contexte de production, où le support est essentiel pour garantir la continuité de service. D’où une professionnalisation du support open source, et l’apparition de nombreux acteurs dédiés. Le premier modèle économique de l’open source est d’ailleurs le support et la maintenance. L’utilisateur s’y retrouve : il bénéficie d’une qualité de support de classe ‘éditeur’, tout en réduisant ses coûts car le coût global reste très inférieur à celui des licences et du support classique. De plus, il ne paie que ce qu’il est prêt à acheter et quand il en a réellement le besoin : le support est une option. Seuls 5% des utilisateurs de JBoss ou de MySQL, par exemple, achètent le support. Le vendeur, lui aussi, s’y retrouve. Le rapide développement des grands éditeurs dédiés (Red Hat, MySQL, etc.) et des intégrateurs le montre et prouve la pérénnité du modèle. Entre SourceForge, les distributions et les stacks pré-intégrés ou à la carte comment choisir ? Il faut distinguer les types de logiciel. Sur Linux, bien qu’il reste aujourd’hui (à raison) de nombreux aficionados de communautés classiques comme Debian, et que des communautés originales comme Ubuntu se développent rapidement, la grande majorité des entreprises s’appuient aujourd’hui sur une distribution commerciale, que ce soit Red Hat, Novell-Suse ou Mandriva. Ces distributions s’étoffent d’ailleurs en intégrant de plus en plus de composants middleware. Un bon exemple en est le « stack applicatif » Red Hat, qui intègre l’offre JBoss, MySQL et PostGreSQL, etc. De même, Mandriva intègre le serveur d’applications JOnAS dans sa distribution. Pour le reste de l’open source, néanmoins, une grande partie des logiciels sont aujourd’hui encore téléchargés directement sur le site de chaque communauté. Mais, comme pour Linux, l’usage de distributions va se développer, et devrait à terme devenir majoritaire. Avec un avantage fort pour les distributions multi-logicielles, comme SpikeSource : les logiciels sont testés non seulement pour eux-même, mais pour leurs interactions au sein du stack. Avec une grande flexibilité puisque l’offre est mise à jour très fréquemment (24h pour SpikeSource), et fournit des outils de déploiement intégrés. Reste enfin que les entreprises ont souvent des cycles d’intégration et de déploiement bien à eux. Dans le cadre d’une architecture de référence, l’entreprise a souvent qualifié un ensemble spécifique de logiciels, chacun avec une version bien précise. Les offres de support et de maintenance ‘à la carte’ sont bien adaptées à besoin. En matière de support, faut-il privilégier les communautés, les éditeurs ou des prestataires globaux ? Tout est affaire de couverture fonctionnelle ! Si vous n’utilisez que MySQL, souscrire au support de MySQL AB est une approche naturelle. Mais dès lors que vous utilisez plusieurs logiciels open source, associés éventuellement à des logiciels propriétaires, peuvent se créer des interactions qui dépasseront les capacités d’un support trop spécialisé. Dans ce contexte, choisir un prestataire ayant une capacité de support plus globale et complète devient intéressant, sinon nécessaire. Le besoin : un point d’accueil unique avec une capacité de traitement de niveau 1, une expertise globale de niveau 2, pour pouvoir véritablement traiter les incidents (sur l’ensemble des composants du SI et de ses interactions et dans son environnement), et ne pas se contenter d’enregistrer les problèmes ! Et, au niveau 3, une expertise de R&D et/ou des liens étroits vers les communautés, qui permet de résoudre les problèmes avancés : bugs, patch, etc. Enfin, la capacité d’accueil du support (24x7, langues, etc.), et la capacité d’accompagnement (conseil, support à distance, etc) sont des critères de choix importants. En choisissant une distribution ou un support open source, ne risque-t’on pas de retomber dans une dépendance proche de celle vécue avec les éditeurs traditionnels? C’est très différent. On ne trouvera les logiciels Microsoft ou Oracle que chez Microsoft ou Oracle. Les distributions ont, elles, des concurrents. Même si migrer de Debian vers Red Hat (ou réciproquement) peut prendre du temps, cela reste faisable. Et même si la communauté s’étiole, la disponibilité du code rend possible de maintenir et de faire évoluer le logiciel indépendamment de l’éditeur ou de la communauté. Enfin, rien n’est plus facile que d’évoluer d’un prestataire de support à un autre. C’est toute la force de l’open source pour l’entreprise : gagner en liberté ! Et ceci sans menacer la qualité, grâce justement aux distributions et aux prestataires de support. Plus d'information sur Libre Accès >> |
