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Interview GN
L'open Source aide à bâtir des S.I. maîtrisés et interopérables Entretien avec le colonel Nicolas Géraud, Sous-Directeur adjoint – Sous-direction des télécommunications et de l’informatique – Gendarmerie nationale. On imagine bien que les SI de la gendarmerie doivent être particulièrement fiables. Qu’est ce qui vous a conduit à l’Open Source ? En tant qu’acteur majeur de la sécurité intérieure, nous nous attachons à bâtir un SI moderne et efficace, car il s’agit d’un levier majeur de notre performance. De plus, nous devons pouvoir interopérer avec les SI d’autres acteurs de la sécurité intérieure, voire même - à terme - avec ceux dédiés aux citoyens. Ceci implique pour nous un choix très clair de développement sur les standards – et notamment sur les technologies internet/intranet sécurisées – afin de garantir le maximum d’interopérabilité. Aujourd’hui, c’est l’Open Source qui porte les principaux standards de ces technologies. C’est donc très logiquement que nous nous penchons sur l’Open Source. Ce choix est par ailleurs conforté par les nombreux autres avantages de l’Open Source : indépendance, maîtrise de la sécurité, simplicité, contrôle des coûts. Sur quel périmètre fonctionnel mettez-vous à profit l’Open Source ? Nous avons défini en 2004 un cadre de cohérence technique. Au départ, nous avions retenu pour chaque composant deux alternatives : éditeur ou Open Source. Il n’y a aucun ostracisme vis-à-vis des éditeurs : au cas par cas, nous regardons quelle solution est la plus appropriée. Aujourd’hui, nous constatons que les arguments penchent souvent en faveur de l’Open Source, en terme d’indépendance, de portabilité, de modularité, de flexibilité, de mise en concurrence. Ainsi, du côté des serveurs, nous développons une plate-forme applicative robuste, en nous appuyant entre autres sur le serveur d’application JOnAS. Du côté des postes de travail nous déployons des solutions simples et efficaces : FireFox, Thunderbird et OpenOffice.org, qui représentent un gain potentiel de plus d’une dizaine de millions d’euros en terme de licences. L’Open Source permet une grande flexibilité. Il n’exige pas de ticket d’entrée ni de procédure de marché public pour démarrer des projets. Les cycles de décision sont courts, et les économies importantes. Comment voyez-vous évoluer l’écosystème ? Souvent, les DSI ont peur de l’Open Source, et lui reprochent le coté « flou » des communautés. Pourtant, quand on envoie un message sur Internet, on ne s’interroge pas sur son côté flou. On sait que cela marche. Or, c’est exactement le même type de mécanisme communautaire qu’avec l’Open Source. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde complexe et en réseau. Face à cette complexité, il faut une organisation en réseau, qui permette la mise en commun du patrimoine et de l’interopérabilité. C’est cela qu’apporte l’Open Source au logiciel. D’autant plus que l’entreprise utilisatrice n’est pas seule face aux communautés. Il y a les grands acteurs comme Bull, IBM ou Sun, il y a les SSLL… Le risque n’est pas moindre avec un éditeur. Il peut ne pas être pérenne. Il peut se faire racheter. Et, dans une négociation, il est souvent difficile de le faire plier. L’Open Source offre ainsi un modèle efficace. Nous avons d’ailleurs nous même expérimenté, au sein de la gendarmerie, l’efficacité et le cercle vertueux des communautés. Cela nous a permis de démythifier le processus. Les communautés sont des Selon votre expérience, quels sont les écueils et les meilleures pratiques ? L’écueil majeur se trouve aujourd’hui sur le poste de travail. Car, historiquement, les DSI ont abandonné ce dernier à l’utilisateur. Du coup, changer une suite bureautique devient une décision compliquée, qui doit se prendre au niveau de la DG, et être fortement accompagnée en formation. Cela dit, ces évolutions sont aussi une opportunité pour réévaluer les décisions. En ce sens, l’Open Source est un bon vecteur de changement. De même, il vaut mieux privilégier la simplicité. Le logiciel connaît aujourd’hui une course aux fonctionnalités. Clairement, nous faisons le choix de gérer la complexité au niveau des serveurs, et d’offrir à l’utilisateur l’environnement le plus simple possible. Enfin, il vaut mieux ne pas faire de « big bang ». Il faut définir un cadre de cohérence, et rentrer dans un processus d’évolution progressive. L’approche modulaire de l’Open Source est utile pour cela. La Gendarmerie nationale est en charge de missions de police judiciaire, de sécurité routière, d’ordre public et de sécurité générale en France. |
