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Interview Marine
Le pilotage et l’industrialisation : clés du succès des projets
Entretien avec le Capitaine de Vaisseau Georges Deli Vous venez de lancer un projet de développement industrialisé avec de l'open source. Dans quel contexte ? Pour toute organisation, délivrer les services qu’elle s’est engagée à livrer dans des délais de plus en plus contraints est un défi permanent. Cela pose le problème de la manière dont l’organisation s’adapte au changement. Au CTI-RH, les réformes des RH sont engagées à marche forcée depuis le passage à l’Euro, la LOLF et le nouveau statut des militaires. Ces évolutions permanentes et rapides pèsent sur la stabilité de nos applications, que nous devons absolument maîtriser. Même si le SIRH de la Marine offre toutes les fonctionnalités attendues par ses utilisateurs, l’IHM du système SIAD/RH de la marine repose sur un produit aujourd’hui disparu et nécessite un client lourd, qui nuit à la diffusion plus large du logiciel et rend les évolutions délicates. Pour nous il était donc temps de changer l’interface de ce système et de procéder à la modernisation de son architecture afin de le rendre plus ouvert, accessible par un plus grand nombre d’acteurs. Après avoir comparé, les différentes solutions, ERP, .Net, J2EE, et après avoir également comparé les coûts de possession, nous nous sommes s’est finalement dirigé vers un développement J2EE personnalisé utilisant de l’open source et les architectures du monde WEB. Ce choix est d’ailleurs renforcé par d’autres avantages tels que l’indépendance (éviter les marchés captifs, une notion particulièrement sensible pour nous), compétences des ressources (utiliser les mêmes technologies qu’à l’université), maîtrise des coûts. Nous avons donc choisi de faire évoluer seulement le front et le middle-office, la base de donnée restant commune et inchangée. Cette approche nous permet de développer le nouveau système de manière progressive et modulaire. En quoi l'industrialisation des développements a t'elle été importante dans le cadre de ce projet ? Il était indispensable de conserver un SI opérationnel tout le temps du développement. Il n’était pas question d’arrêter les réformes des RH et inévitablement le système devait être aligné sur les travaux liés aux décrets d’application des nouveaux statuts. Le SIAD/RH devra donc progresser jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par le déploiement progressif du SI@D/RH. Les deux SI doivent être parallélisés. Entretenir deux équipes techniques avec des technologies hétérogènes, alors que de nouveaux défis nous sont lancés, n’était pas raisonnable. Nous avions donc besoin d’un soutien industriel pour nous accompagner dans cette modernisation. Bull, fort de sa proposition d’un package de « composants industriels » du monde de l’open source et de son expertise de contributeur, a été retenu pour la maîtrise d’oeuvre. Bull ne nous apporte pas que des logiciels récupérés sur les sites Internet communautaires. Il nous apporte aussi cette interface qui ne nous met pas face à face avec la complexité. Il qualifie les produits, les intègre dans « notre » environnement de travail, en teste les performances, nous apporte le conseil, la formation, la maîtrise et l’expertise dans le but de nous rendre autonome. Pour cela, nous avons mis en place chez nous la forge logicielle open source intégrée par Bull, NovaForge, comprenant portail, outils de développement (basés sur Eclipse) et des outils d’intégration et de test. L’ensemble s’intègre avec notre atelier de génie logiciel, MEGA. Aujourd’hui, la quarantaine de développeurs du projet - une vingtaine de nos techniciens et vingt personnes de Bull - peut ainsi collaborer de manière industrielle, avec une bonne complémentarité et synergie. Pour vous, quelles sont les bonnes pratiques à appliquer dans ce domaine ? Quel que soit le projet, tout changement doit s’accompagner d’une forte volonté politique. Or ce soutien sera d’autant plus fort que les décideurs auront une bonne visibilité et de bons outils de pilotage de l’avancement des projets. A priori, on pourrait penser que l’open source n’est pas bien placé pour offrir cela. C’est la peur du risque qui conduit souvent à choisir des produits sur étagère, type ERP. Or, notre expérience de terrain montre le contraire : en permettant la construction rapide et progressive de solutions modulaires, robustes et réutilisables, en offrant la réversibilité et en évitant les approches « big bang », l‘open source permet au contraire de gagner du temps, d’obtenir vite de premiers résultats, de gagner en flexibilité, et de faciliter cette visibilité et cette possibilité de pilotage attendue par les décideurs. Et enfin il ne faut pas négliger le support. En effet, les logiciels issus de l’Open source restent avant tout du logiciel, soumis au même succès ou aléas que les solutions d’éditeurs. Passer un engagement contractuel avec un industriel qui prendra en charge le support me semble préférable. Basé à Toulon, le CTI-RH pilote les systèmes d’information RH de la Marine Nationale. Depuis la France et l’ensemble des bâtiments de combat à travers le monde, ces systèmes sont utilisés par les 49 000 marins d’active.
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