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Interview RCG
Quand l’information et la connaissance dépassent les frontières, l’ouverture est nécessaire
Le CTI de la République et canton de Genève, qui gère près de 800
applications métiers, 600 serveurs et offre des prestations à 22 000
utilisateurs, a fait, dès 2004, le choix de l’Open Source pour
rationaliser, harmoniser et rendre interopérables ses architectures. Il a choisi des briques Open Source, telles que le serveur
d’applications JOnAS ou le ‘workflow’ Bonita et le support Bull,
appréciant la proximité et la réactivité de ses équipes de
développement et de service. L’administration en ligne a conduit
à une profonde rationalisation des systèmes d’information de l’Etat.
Comment avez-vous procédé ? Vous avez fait le choix de l’Open Source. Pourquoi ? - Le citoyen doit être au cœur de l’administration en ligne.
Avec le projet e-voting expérimenté dès 2002, nous avons compris qu’il
fallait sécuriser tout le processus de fabrication de la réponse à la
question du citoyen. D’où le choix d’une architecture dont la colonne
vertébrale est en Open Source. D’autant que l’administration a un rôle
moteur pour favoriser la participation de la population à la société de
la connaissance. - Devoir de transparence et d’ouverture à l’égard de nos concitoyens.
L’information étant un véritable capital sociétal, l’Etat doit en
garantir la valorisation, la pérennité, la sécurité et l’indépendance.
Ce qui impose naturellement des choix adaptés en termes d’architecture,
de normes d’échanges et de sécurité. - Indépendance et souveraineté. La maîtrise de nos systèmes d’information nous conduit naturellement à nous affranchir de la loi des fournisseurs. - Interopérabilité et flexibilité.
Le décloisonnement des services, la transversalité des données et des
processus ont placé l’interopérabilité au cœur de nos préoccupations à
l’heure de l’interconnexion des SI ; d’où l’importance des standards.
De plus, les notions de composants, de services, de virtualisation nous
apportent la flexibilité nécessaire pour adapter nos SI à l’évolution
constante de notre environnement. - Coûts et mutualisation des compétences. Opter pour l’Open Source conduit à des gains conséquents en licences pour une organisation comme la nôtre. Mais cela va au-delà avec les communautés et les développements collaboratifs, qui favorisent les partenariats de toute nature : locaux, cantonaux, publics/privés. Nous contribuons à cette démarche et avons, par exemple, mis à la disposition de tout le monde un produit anti ‘spams’ développé par le CERN en Open Source. Auriez-vous de bonnes pratiques à conseiller ?Nous ne sommes qu’au milieu du gué, mais je suis convaincu qu’il faut avoir à la fois l’approche ‘top down’ et l’approche ‘bottom-up’. Il faut une vision claire pour fixer la ligne, mais faire d’abord ce qui est mûr sur le terrain. Bien sûr, nous avons adopté ITIL pour la gestion des SI, CMMI pour les développements, etc. Mais l’essentiel pour réussir est d’avoir une démarche de consensus, de médiation et d’échange pour garantir la cohérence, la transversalité et l’adhésion. On arrive dans un monde où « L'imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée alors que l'imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l'évolution ». Je trouve cette pensée d’Einstein particulièrement pertinente, appliquée aux défis d’aujourd’hui. Avec la société de l’information, l’enjeu n’est pas technique. Ce qui compte, c’est mettre la technologie au service du citoyen et de la société. Ceci suppose une dynamique de l’administration plus participative, incluant les citoyens, les entreprises et l’économie sociale et solidaire. |
