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Interview ACOSS
L'Open Source : Une boîte à outils flexible au service des applications métiers Entretien avec Jean Milliez, Directeur des systèmes d’information - ACOSS. Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à faire le choix de l’Open Source ? Pour nous, l’usage de l’Open Source n’est pas une révolution. Il s’inscrit dans la continuité naturelle de notre stratégie. Jusqu’au début des années 1990, pour les systèmes d’information critiques comme les nôtres, l’état de l’art technologique impliquait de s’adosser à un fournisseur global. La qualité de service était là, mais cela posait des limites en terme d’indépendance. D’où le choix d’une approche bi constructeur IBM et Bull, avec des coûts résultants élevés. Notre basculement progressif vers Unix avec Bull, de 1993 à 2001, nous a permis de standardiser notre environnement, en gagnant une grande liberté de choix stratégique au niveau de chaque composant. En effet, quand les systèmes sont propriétaires, on se voit parfois imposer des choix qu’on ne souhaiterait pas faire. L’exemple type est la dépendance vis-à-vis de Microsoft. Lorsqu’une entreprise a atteint une certaine taille, elle doit se donner le moyen de n’être pas dépendante, quelque soit la qualité du fournisseur. Et ce d’autant plus si elle doit gérer l’intérêt général, comme nous. De plus, l’indépendance est un levier de négociation essentiel. Elle doit permettre d’écarter des fournisseurs qui feraient des propositions inacceptables, comme nous avons dû le faire récemment. Enfin, elle permet de réduire les coûts : nous avons gagné près de 8 millions d’euros par an avec Unix ! Le logiciel libre est une suite logique de cette évolution vers plus de standardisation et donc plus d’interopérabilité, de flexibilité, de réactivité, et d’indépendance. Comment et où utilisez-vous l’Open Source ? Au niveau des infrastructures, nous passons à Linux pour les serveurs départementaux. Du point de vue applicatif, nous avons aussi et surtout développé l’une de nos nouvelles applications stratégiques – le dossier cotisant en ligne (DCL) – avec des logiciels libres : Linux, Apache, Tomcat, PostgreSQL, sur un environnement de développement Eclipse. Cette première expérience s’est avérée très positive, et nous conduit désormais à envisager l’Open Source pour de nombreux de nos autres projets. Selon votre expérience, quels sont les écueils et les meilleures pratiques dans ce domaine ? Le défi majeur d’une approche multi-fournisseurs ouverte, c’est l’intégration, puisqu’on passe d’un ensemble nativement intégré à des environnements multiples. Il faut s’attacher à bien gérer l’intégration, avec des intégrateurs comme Bull, des éditeurs comme Red Hat, et à faire des transferts de compétence. Il y a aussi des domaines où l’approche Open Source rencontre encore des points d’achoppement, comme sur le poste de travail ou les systèmes de partage de fichier et d’impression. Nous privilégions donc une approche progressive : on ne change les composants que un par un. À l’avenir, comment envisagez-vous de développer l’usage de l’Open Source ? L’utilisation de l’Open Source est clairement au coeur de nos orientations stratégiques pour demain. Nous prévoyons à terme de migrer nos serveurs transactionnels centraux sur Linux, à l’exception des serveurs Unix décisionnels de production, qui doivent gérer 16 Tera de données, et pour lesquels nous ne sommes pas sûr que Linux soit mûr ! Suite au succès de l’application DCL, nous développons d’autres applications avec cette approche, comme notre plate-forme d’échange partenaires, SEPIA, et notre intranet de branche. Sachant que, pour nous, tout cela est très pragmatique. Il n’y a pas d’opposition entre Open Source et éditeurs, juste des arbitrages entre opportunités, en gardant en tête le fil rouge des standards dans tous les cas ! Au coeur du financement de la Sécurité sociale française, l’Acoss coordonne le recouvrement des cotisations et des contributions sociales auprès de 5,8 millions de cotisants (entreprises, particuliers...) et la redistribution de ces fonds aux caisses de Sécurité sociale et à diverses institutions. En 2004, l’Acoss a encaissé et redistribué 285 milliards d'Euros. |
